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Le vocabulaire de base sur un tableau de communication (Gail Van Tatenhove)

 

Vocabulaire de base avec les personnes dépendantes et débutantes en communication

Aménager les activités proposées.

Texte d’après le « Webinar » de Gail Van Tatenhove (Orthophoniste spécialisée en CAA et en Minspeak, USA). Septembre 2013. Publié dans les fiches C-RNT (abonnez vous !)

Vidéo du webinar : http://www.youtube.com/watch?v=E-xfv3VpvAg&;feature=youtu.be

Ressources : www.prentke-romich.de/aktuelles/webinare/webinar-handout-resourcen/

Vidéos illustratives

-- Vidéo de Robin lors de la fabrication d’un milk shake

http://www.youtube.com/user/gvantatenhove

-- Personne relatant avec très peu de mots un abus de pouvoir. Un peu triste mais efficace.

http://youtube.com/user/gvantatenhove


Gail Van Tatenhove , www.vantatenhove.com,

est une orthophoniste très réputée aux Etats-Unis et dans le monde, grâce à ses travaux dans le domaine de la communication alternative.

Elle milite depuis des années pour l’utilisation, dans la vie quotidienne des personnes en difficultés de communication, d’un « vocabulaire de base », utile et efficace ;  en opposition aux listes de mots spécifiques qui ont tendance à remplir les tableaux et les machines, sans servir fréquemment dans la conversation.

Son séminaire internet avait pour titre

Core Vocabulary with Emergent & Context-Dependent Communicators, ou 

Vocabulaire de base avec les personnes dépendantes et débutantes en communication

Un vocabulaire de base important, parce que

  • Fréquent
  • Efficace
  • Fonctionnel
  • Porteur de sens

Mais pour qu’il soit utilisé par les personnes, il faut valoriser son importance :

  • L’utiliser fréquemment
  • Montrer comment on l’utilise en situation (modéliser)
  • Dans de nombreuses interactions
  • En utilisant toutes les opportunités
  • Dans la vie quotidienne

Il représente 70% des mots qu’on utilise, dans toutes les langues : au plus, 400 mots simples, usuels, de tous les groupes grammaticaux.

La question est : comment faire dans la vie quotidienne pour que ce vocabulaire là soit enseigné et valorisé ?

Constat :

Au cours d’achats en magasin, les concepts importants échangés avec un enfant parlant sont :

Combien, des mots d’argent, Plus – moins, Assez – pas assez, d’abord, ensuite, Coûte, Acheter, Avoir. Et aussi … les noms de choses à acheter.

Au cours d’une activité cuisine, on en retrouve certains :

Combien, Nombres, Mots de mesure, Plus – moins, Assez – pas assez, Mettre, D’abord, ensuite, En dernier, et aussi …les noms des ingrédients

On observe que les substantifs ne sont pas forcément les mots les plus importants.

Pourtant, dans les groupes constitués pour enseigner la CAA, on pose très souvent des questions pour entendre des substantifs, en pensant qu’ils sont utiles, parce qu’ils sont efficaces dans ce contexte là.

Ex. : De quoi a-t-on besoin pour commencer ?  réponse attendue : « œufs, lait, farine, sucre » etc…

En s’y prenant autrement, on peut solliciter un vocabulaire efficace et plus fréquent :

Ex. : Bon, qu’est ce qu’on fait avec la farine ? à « Mettre là » (en montrant le saladier). On s’arrête après en avoir versé un tout petit peu à «  Encore. Plus. Stop ».

Et les œufs, où ça ? à  « Là » (en montrant encore le saladier),

Qu’est ce qu’on fait ? à « Casser. Tourner ».

Et le sucre ? à «  Après »

NB : Les anglophones remarqueront que c’est plus correct en anglais car le verbe infinitif, première personne et impératif est le même (go, turn, put !), donc les résultats sont plus gratifiants en anglais. En tout état de cause, nos sollicitations devraient porter sur ce vocabulaire de base, et non pas sur les mots spécifiques. Car le but est que la personne PARLE pour se faire comprendre le plus facilement possible, et non pas forcément de façon hyper grammaticalisée.

Démarche

S’assurer que la personne a accès à  50 mots minimum, sur un tableau, tablette ou appareil.

Choisir une activité  partagée, source d’interaction, et centrée sur le processus interactif, pas sur la production de mots.

Anticiper et définir les raisons de communiquer et les formes attendues : demander de l’aide (aide moi), questions, actions (regarde, tourne), gestion action (plus, moins, encore, assez, attends), commenter (bon, pas bon), négation, demander les objets (ça), ou en les décrivant (long, chaud, doux, liquide etc…).

Préparer les éléments nécessaires à l’activité, ainsi que des accessoires pour obtenir d’autres interactions : un grand sac, un carton d’où on sort les objets un à un si demandés, en créant une barrière pour provoquer les mots « regarder, quoi ?ouvrir, encore »etc.

Préparer des étiquettes adéquates décrivant les objets placés dans des boites (adjectifs comme longs, joli, fragile, dur).

Introduire des objets non adéquats (non, pas ça).

Chaque activité doit avoir pour but un vocabulaire ciblé, pas forcément spécifique, même si au cours de l’action, on montre à l’usager sur son appareil ou moyen de communication, comment dire beaucoup plus de choses. Gail appelle ça « modéliser » : utiliser nous-mêmes les outils qu’on désirerait lui voir utiliser.

Donner le maximum d’opportunités pour intervenir par activité.

Renforcer toute tentative de communication et modéliser sans corriger, en montrant des expressions mieux construites.

Concrètement

Anticiper les fonctions de communication utiles comme faire des choix dans le but d’obtenir quelque chose ou un objet. Pour cela encourager un vocabulaire de base : étiqueter les objets avec des adjectifs descriptifs

Anticiper les interactions pour solliciter l’expression d’autre chose que des objets : personnes, actions, place (ici, là, la bas), temps (maintenant, après)

Par ex., pour faire raconter quelque chose : éviter les questions qui appellent une réponse précise (où es tu allé), mais préférer : c’est quelque chose que tu as eu au restaurant ? (oui/non)

Pourquoi y es tu allé ? (faim)

Qu’est ce que tu y as fait ? (manger)

Combien a tu mangé ? (beaucoup)

Comment tu as trouvé ? (bon)

Solliciter des mots de temps (après, avant, pas maintenant), d’action (avec ça, change, un peu, un peu plus, stop) et d’autres comme cassé, problème, fini, car avec ces mots, l’usager peut rentrer dans l’art de la négociation, sa gestion personnelle !

Mettre à disposition le vocabulaire rapidement. Ecrirece que la personne a dit. Modéliser. Garder en mémoire. Partager immédiatement avec d’autres, par ex. en programmant dans un communicateur pas à pas , un bouton parleur, un papier,  l’appareil lui-même.

 

Conclusion

Quelques points à retenir de cet excellent webinar, pour tous, tous les jours :

- Centrer les apprentissages sur un vocabulaire utile dans un maximum de situations, qui permette à un usager sans accès à l’écrit d’évoquer et de partager, sans avoir forcément à chercher des mots spécifiques dans sa machine. Nous avons tous eu entre les mains des arborescences très riches, à plusieurs niveaux, où les mots étaient présents, certes, mais très difficiles ou trop lents à retrouver.

- Toutes les activités sont bonnes à exploiter : lire un livre ensemble, faire des bulles, jouer à la poupée, créer une carte de noël ou faire un … collier de pates… !

- Ouvrir un pouvoir de négociation, même avec peu de moyens. 

- La communication, c’est avec tous, tous les jours, par tous les moyens.

 

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